11/20 – I’m upset, so upset…
Robert, un policier de Copenhague qui a commis une faute professionnelle, est temporairement réaffecté dans une petite ville de province. En apprenant petit à petit les coutumes locales, il découvre que les habitants de ce village à l’apparente tranquillité semblent cacher des secrets bien enfouis.
A lire ce pitch, on s’attend à découvrir un remake danois du Hot Fuzz de l’ami Edgar Wright. « Pourquoi pas », me dis-je, « après tout, Anders Banke, le réalisateur du film de vampires suédois Frostbiten, a bien fait un remake ruskov du hong-kongais Breaking News de Johnnie To ! » Oui mais non, une fois la chose vue il s’avère que tel n’est pas du tout le cas. Le ton est dramatique, le déprimé déprimant et le film… comme Lauren, bancal. Henrik Ruben Genz commence la chose par du western prometteur, enchaîne avec un traitement du polar proche de John Dahl, bifurque ensuite (mal) sur l’humour des frères Coen, avant de terminer dans l’air du temps avec une vision une fois de plus très urbano-urbaine de la campagne et des campagnards.
La cinéphilie récitée est trop envahissante, le scénario en manque flagrant d’imagination, le jonglage entre plusieurs genres trop aléatoire et les longues scènes de pseudo suspens convenues. Voilà pour les grosses tares. De leur côté, la mise en image, la photographie et les acteurs sont plus que corrects. Dans le rôle de Robert, un homme a priori bon se révélant lâche avec le temps, Jakob Cedergren est convaincant, quant au grand Kim Bodnia il nous livre une fois de plus une formidable prestation et tire le film vers le haut. Il joue tout en nuances son personnage à la fois coupable de battre sa femme et innocent d’un meurtre dont il est accusé. La grande force du film réside dans cet anti manichéisme, dans sa démonstration, réussie, des apparences trompeuses, et sur le fait que dans chacun d’entre nous réside potentiellement un pauvre type. Difficile pourtant, et c’est dommage, de se sentir vraiment heureux à la découverte de ce Terribly Happy, terriblement prévisible pour peu que l’on connaisse bien les oeuvres des auteurs précités.

7 commentaires
Flux de commentaires pour cet article
27 avril 2009 à 11:10
Le veilleur de nuit ; Nightwatch ; Nattevagten (Danemark, 1994) : avis d’un givré « Les Givrés d’la Bobine
[...] Voilà le film qui nous a fait lever la tête et les sourcils au milieu des années 90, en direction du Danemark, nous révélant soudain que « bah tiens alors, il s’y passe des choses ! » Le réalisateur Ole Bornedal réussissait alors un joli coup, aidé de l’acteur Kim Bodnia, révélé par ce film et depuis une icône importante du cinéma de genre danois. Sans avoir le premier rôle ici, la star mène déjà largement la danse, un peu comme dans le très récent Terribly Happy. [...]
12 mai 2009 à 06:40
1er Festival International du Film Policier de Beaune : Givré au rapport « Les Givrés d’la Bobine
[...] la Scandinavie cette année : le Bronson britannique de Nicolas Winding Refn (Pusher), Terribly Happy (Frygtelig lykkelig) de Henrik Ruben Genz (Chinaman) et What No One Knows (Det som ingen ved, [...]
26 août 2009 à 20:54
Les soldats de l’ombre ; Flammen & Citronen (Danemark, 2008) : avis d’un givré « Les Givrés d'la Bobine
[...] mis en scène par Ole Christian Madsen et froidement photographié par Jørgen Johansson (Terribly Happy), le métrage ne gère pas toujours bien sa narration. Il se se noie même parfois dans le [...]
6 octobre 2009 à 20:51
De Reykjavik à Rotterdam, en passant par Hollywood « Les Givrés d'la Bobine
[...] Happy on l’a déjà abordé, Max Manus ça ne va pas tarder (mais faites le vous-même, y’a tout sur le net) et aujourd’hui [...]
26 décembre 2009 à 23:05
Arn, chevalier du tempe ; Arn – Tempelriddaren + Arn – Riket vid vägens slut (Peter Flint, Suède, Danemark…, 2007, 2008) : avis d’un givré « Les Givrés d'la Bobine
[...] Pirates des caraïbes…). S’y greffe la nouvelle fournée, avec entre autres Jakob Cedergren (Terribly Happy), Sofia Helin et, donc, notre héros incarné par le Matt Damon du coin, j’ai nommé Joakim [...]
20 juillet 2010 à 08:45
Mademoiselle Catherine
Et bien, je viens de visionner “Frygtelig Lykkelig”, et je dois dire que je ne suis pas du tout d’accord : j’ai trouvé, au contraire, que les nombreuses réminiscences (les frères Coen pour l’ambiance, “Hot Fuzz” pour l’histoire, mais aussi “Don’t Look Now” et “The Pledge” pour la fillette en rouge, ainsi que, dans une moindre mesure, “Calvaire” pour le décor marécageux…) étaient bien amenées et avoue avoir éclaté de rire en de nombreuses occasions…
Cela dit, je me garde ton blog sous le coude, car je suis une grande, grande amatrice de cinéma scandinave !
Mojn !
16 décembre 2011 à 02:15
Terribly sorry ? « Les Givrés d'la Bobine
[...] le remarqué Terribly Happy, le réalisateur Henrik Ruben Genz, réfractaire notoire du Dogme de LVT rempile avec une autre [...]