TROLL VS SANTA CLAUS : FIGHT !!


Il fait chaud, c’est l’été ? Causons neige, causons froid. A coups de pains glacés dans la tronche !

DING DING !! La cloche annonce un combat de titan sur le ring ! S’y affrontent aujourd’hui le père Noël finlandais et le troll norvégien, deux icônes majeures du folklore scandinave !

Je vous la fais en deux rounds. Assez rapidement, papi barbu se prend une crotte dure de troll sur le crâne qui l’envoie ad pâtres dire bonjour au gros rougeaud du 15ième sous-sol en lieu et place d’un autre célèbre barbu.

Il est intéressant de comparer ces deux films que tout oppose malgré ce point commun folklorique. Si le réalisateur Jalmari Helander donne le change sur son Rare Exports avec ses quelques rebondissements roublards, son scénario étudié à force de courts métrages (cf. cette news), son vilain au physique mémorable et sa jolie photo qui cligne méchamment de l’objectif au ciné ricain, il peine à narrer correctement son histoire, à construire des personnages beaucoup trop référencés, des résidus de ce que l’on a déjà vu ailleurs, eux influencés par le réel contrairement à ce métrage à la résonance cinéphilique beaucoup trop pesante, donc forcément inoffensive. Ajoutons à cela de nombreux mouvements de grue « à la Spielberg » fatiguant, là pour faire gros film ambitieux – musique incluse – mais qui, à force d’utilisation gratuite font plutôt pencher la balance du côté d’un amateurisme gênant. Faites « Olé ! » à chaque mouvement de grue vertical, ça occupe. Comme si un gosse de riches avait soudain à sa disposition de gros joujoux luxueux mais ne savait pas quoi en faire, incapable de filmer ne serait-ce qu’une seule scène d’action. En parlant de gosse, la tête d’affiche mériterait des claques à camper ainsi un garçon à ce point antipathique qu’on en vient à espérer que le papa Noël l’étouffe avec de la neige bien compacte. A lui seul il résume l’extrême cynisme de cet objet filmique auquel je n’ai définitivement pas adhéré.

Gaffe : un vieux ! Il va nous pomper toute la sécu : à  l’attaque !! Sus à la barbe blanche !

A contrario, avec son approche pourtant documenteuse Troll Hunter fait davantage office de vrai film. Andre Ovredal – que j’ai interviewé par là – possède un réel sens du cadre, il sait narrer une histoire, et même s’il prône une ambition modeste en affichant un esprit potache, tout comme un troll il pose clairement l’empreinte des grands, et sur le sol fertile des plaines norvégiennes et sur la pellicule. Il invoque pour cela l’esprit farceur d’un lutin des bois bon enfant, celui-là même qui s’esclaffe régulièrement dans un coin de la caboche d’un Peter Jackson évoqué au détour de ses Bad Taste et Forgotten Silver, respectivement délire gore ludique culte et brillant documenteur sur un cinéaste bidon néo zélandais.

Un gars tranquille avec un chapeau ? Non : un terrible chasseur de trolls !

Très drôle, irrévérencieux – les chrétiens en prennent pour leur grade ! – mais aussi ample et épique – les trolls sont impressionnants ! -, Troll Hunter est une vraie bonne surprise, qui donne autant l’envie de se farcir une bonne randonnée loin au nord-ouest d’Oslo, dans les forêts norvégienne, que d’aller vérifier que ce gros caillou couché là n’est pas le cadavre d’un troll. Malmené par un fier chasseur du pays autant mandaté par le gouvernement que les usuels « ils », les hommes en noir du FBI local, la bête n’aura pas survécu aux flashs lumineux de la mitraillette de lumière de son terrible prédateur. Le réalisateur André Ovredal est à suivre de très (très) près, et comme d’habitude dans ces cas là on espère qu’il ne s’en ira pas réaliser le remake – déjà prévu – de son propre film aux USA, comme c’est souvent la coutume.

Un des nombreux (chouettes) trolls (magnifiques) qui hantent la (superbe) Norvège, encensée tout comme le film par l’office de tourisme du pays. On se demande bien pourquoi !

Rare Exports : 08/20

Troll Hunter : 15/20

Voir aussi : mon entretien avec André Øvredal, réalisateur de Troll Hunter.