pusher

15/20 – Requiem pour un con

A Copenhague, Frank vend de l’héroïne et fréquente le milieu de la petite criminalité. Sa dette envers le trafiquant serbe Milo l’incite à tenter un gros coup. Mais la police fait irruption pendant la transaction, et au cours de la poursuite qui s’ensuit, Frank perd à la fois la marchandise et l’argent…

En apparence moins ample et moins ambitieux que Scarface, étiquette un peu trop rapidement apposée au premier opus de la trilogie danoise, Pusher réussit là où le film culte de Brian De palma avait échoué : réussir la gaufre story plutôt que ze success one d’un truand de bas étage. Qui aimerait tant atteindre le dernier.

Pas de glorification à la GTA le jeu vidéo ici, il est en effet impossible de s’identifier à Frank le dealer – ce que veut dire « pusher » -, un pauvre mec à la recherche d’argent facile commettant erreur sur erreur, qui s’enfonce plutôt que grandit dans une mafia locale présentée comme cruelle et injuste là où d’autres idolâtrent ce « monde parallèle créateur d’emploi avec ses propres codes ».

Kim Bodnia, genre de Tom Sizemore danois remarqué deux ans plus tôt dans le bon Nightwatch d’Ole Bornedale, est impressionnant dans le rôle principal, entouré de Madds Mikkelsen, son comparse Tonny, qui fera encore mieux pour les besoins du deuxième Pusher, et de Zlatko Buric, le serbe Milo, une sorte de super Danny Aiello qui, lui, clôturera brillamment l’ensemble avec le troisième segment. Comparer les acteurs de ce film à des icônes US peut sembler réducteur à vrai dire, mais comme sur ce premier film le réalisateur Nicolas Winding Refn ne digère pas complètement sa cinéphilie américaine, citer ses artistes là aide à cibler, justement, cette cinéphilie, ses inspirations.  Unique, Mikkelsen sort du lot.

Excellent polar urbain, Pusher nous montre une intéressante Copenhague by night, joliment filmée caméra à l’épaule par un Nicolas Winding Refn très à son affaire sur cette sale affaire. Même s’il avoue sans honte s’être inspiré du cinéma de William Friedkin (French Connection), on peut déjà déceler ce petit quelque chose en plus qui ne fera que s’accroître par la suite. Le talent, doublé d’une vision artistique certaine.

Pusher sur IMDb

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