terribly-happy12/20 – I’m upset, so upset…

Robert, un policier de Copenhague qui a commis une faute professionnelle, est temporairement réaffecté dans une petite ville de province. En apprenant petit à petit les coutumes locales, il découvre que les habitants de ce village à l’apparente tranquillité semblent cacher des secrets bien enfouis.

A lire ce pitch, on s’attend à découvrir un remake danois du Hot Fuzz de l’ami Edgar Wright. « Pourquoi pas », me dis-je, « après tout, Anders Banke, le réalisateur du film de vampires suédois Frostbiten, a bien fait un remake ruskov du hong-kongais Breaking News de Johnnie To ! » Oui mais non, une fois la chose vue il s’avère que tel n’est pas du tout le cas. Le ton est dramatique, le déprimé déprimant et le film… comme Lauren, bancal.  Henrik Ruben Genz commence la chose par du western prometteur, enchaîne avec un traitement du polar proche de John Dahl, bifurque ensuite (mal) sur l’humour des frères Coen, avant de terminer dans l’air du temps avec une vision une fois de plus très urbano-urbaine de la campagne et des campagnards.

La cinéphilie récitée est trop envahissante, le scénario en manque flagrant d’imagination, le jonglage entre plusieurs genres trop aléatoire et les longues scènes de pseudo suspens convenues. Voilà pour les grosses tares. De leur côté, la mise en image, la photographie et les acteurs sont plus que corrects. Dans le rôle de Robert, un homme a priori bon se révélant lâche avec le temps, Jakob Cedergren est convaincant, quant au grand Kim Bodnia il nous livre une fois de plus une formidable prestation et tire le film vers le haut. Il joue tout en nuances son personnage à la fois coupable de battre sa femme et innocent d’un meurtre dont il est accusé. La grande force du film réside dans cet anti manichéisme, dans sa démonstration, réussie, des apparences trompeuses, et sur le fait que dans chacun d’entre nous réside potentiellement un pauvre type. Difficile pourtant, et c’est dommage, de se sentir vraiment heureux à la découverte de ce Terribly Happy, terriblement prévisible pour peu que l’on connaisse bien les oeuvres des auteurs précités.

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