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Un groupe de rock suédois, Solid Gold, s’en va tourner un clip dans la montagne. Ses membres – qui vont les perdre – dérangent les habitants plutôt sanguinaires d’une usine désaffectée…

Une grosse choppe de bière avant de monter sur scène, ça enlève le blood trac !

Avez-vous trop chaud en cette canicule estivale ? Moi oui, aussi cherche-je à me rafraîchir devant un film nordique. De la neige, des meurtres, des jolies nanas coiffées dans l’air d’antan : roule pour LE slasher suédois des 80’s, Blood Tracks ! Chef d’œuvre méconnu du genre, ce fi… non, ne soyons pas bêtement auto-corporate, c’en est un beau de nanar, en effet. « Atrocement nul et très divertissant » dixit Daniel Ekeroth dans son bouquin Swedish Sensationfilms, une bible pour un blog comme Les givrés. Parce qu’il faut voir – et entendre – ce groupe de hard rock 80’s Easy Action chanter « Blood Tracks » dans la neige au milieu des montagnes, avec à ses côtés quelques groupies en petite tenue littéralement gelées ; il faut reluquer cette fille à oilpé qui s’extrait leeeentement d’une voiture coincée par une avalanche ; il faut apprécier à sa juste valeur – zéro ? – ce plagiat pourri, outre celui évident de La colline à des yeux (pas pour voir tout et n’importe quoi non plus), du Blow Out de Brian De Palma le temps d’une recherche de sons étranges à l’aide d’un micro dans une usine, à l’inverse de moi, désaffectée. Et il faut savoir apprécier le jeu des membres du groupe, a priori tous bourrés plus ou moins de force par le réalisateur MatsThe Ninja MissionHelge Olsson afin qu’ils jouent mieux. Ou moins mal, peut-on lire dans les notes « Trivia » d’IMDb.

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J’ai un truc qui me pique dans le dos, là…

A tout ce petit monde de se faire massacrer par les rednecks du coin, tous plus sympathiques que nos hystériques touristes. La présence de ces dégénérés (tout est relatif), alliée à la musique très efficace de Dag Unenge (The Ninja Mission, War Dog), un bon travail au son et quelques scènes gores pas dégueulasses – si, justement ! – participent d’une ambiance particulière qui, elle, ne relève pas du navet. Pas fier quand même, le guitariste Kee Marcello quitta le groupe par la suite pour rejoindre Europe (The Final Countdown) tandis que moi m’en vais cacher mon dvd import suédois de daube je ne sais où. Le format est plein cadre alors que c’est du scope mais les scènes gores restent à peu près (?) intactes là où la vidéo intégrale visible sur Youtube est ultra censurée. Y-a-t-il des limites au complétisme, je vous le demande ?