Un biopic pour Bornedal

En attendant un hypothétique Nightwatch 2, le 08 mars prochain sortira au Danemark le dernier film d’Ole Bornedal : The Way to Mandalay. Il s’agit d’un biopic consacré au chanteur populaire John Mogensen, mort d’une crise cardiaque en 1977.

Voici un peu moins de 10 ans, je m’étais jeté sur ce réalisateur qui avait réalisé coup sur coup deux bons polars : Deliver Us From Evil et surtout Just Another Love Story. Il était ensuite parti aux USA tourner un Exorciste‘s like (The Possession), puis était revenu chez lui pour sa série guerrière 1864, entrecoupée d’une comédie : Small Town Killer.

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Les enquêtes du Dept V, épisode IV (ça se rapproche) : Dossier 64 (on s’éloigne)

Le Département V : c’est reparti ! Les inspecteurs Carl Mørck et Assad reprennent du service dans le 4e volet de la saga Les enquêtes du Département V, dont le tournage débute aujourd’hui. Adapté du 4e tome de la saga écrite par Jussi Adler-Olsen, Dossier 64 est réalisé par Christoffer Boe (entouré ici de Fares Fares et Nikolaj Lie Kaas).

Retour à un « jeunot » après le vétéran Norvégien Hans Petter Molans, qui signa le volet Délivrance qui suivait Miséricorde et Profanation, réalisés, eux, par Mikkel Nørgaard (voir mon entretien)

Christopher Boe dispose jusqu’alors d’une filmographie assez éclectique, que ce film-ci, ainsi que son projet Hitman’s Guide to Housecleaning, s’il se concrétise, feront pencher côté polar. At følge…

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16 copies du dossier 64 circulent. On les a toutes b – hips – bues !…

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Del Toro parraine Øvredal !

Guillermo del Toro, qui avait beaucoup aimé The Autopsy of Jane Doe – voilà un homme de goût – laisse finalement la main au Norvégien Andre Øvredal pour adapter un bouquin d’Alvin Schwartz, Scary Stories to Tell in the Dark, pour le compte de CBS Films.

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Connu outre atlantique, pas trop chez nous, l’écrivain passa par la case comics dès les années 40 ; ce fut même lui qui écrivit le premier crossover Batman / Superman en 1954 (dixit Wikipedia).

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Alvin Schwartz est surtout connu pour ces Scary Stories, donc, une trilogie entamée dans les 80’s, illustrée par un certain Stephen Gammell, qui, euh… pourrait s’appeler Gargamel (hu-hu) puisque ses dessins « qui font peur aux enfants » ont de quoi procurer des cauchemars même aux plus grands. Certaines librairies outre-Atlantique avaient d’ailleurs retiré, à l’époque, ces livres de leurs étals pour cette raison (source : Deadline).

S’il passe le cap de cette adaptation chapeautée par un grand du ciné de genre, Andre Øvredal peut aller loin ; c’est tout le mal qu’on lui – et nous – souhaite.

 

 

Stenberg bien dans ses pompes ?

Bad buzz, ou quand les femmes réclament d’être davantage payées que les hommes pour s’acheter encore plus de godasses. Par delà la polémique – ou pas – cette superbe pub pour les chaussures Bianco, qui date de l’an dernier, est signée Mats Stenberg, le Suédois qui signa l’excellent Cold Prey 2. Je désespère le voir un jour réaliser un second long.

Le Caire Confidentiel, Grand prix du Festival International du Film policier de Beaune 2017

The Nile Hilton Incident, retitré chez nous Le Caire Confidentiel, est un film d’origine Suédoise, Allemande et Danoise. Il est réalisé par le suédois Tarik Saleh, avec dans le rôle principal Fares Fares, qu’on a pu voir dans les Enquêtes du département V (cf. entretien). Le grand Prix de Beaune lui est attribué, il suit le Prix de la Compétition Internationale de Sundance.

Le Caire, quelques semaines avant la révolution égyptienne de 2011. Une chanteuse de club est assassinée dans une chambre de l’hôtel Nile Hilton. Noredin, un inspecteur de police corrompu, est chargé d’enquêter sur le meurtre. Petit à petit, il réalise que les coupables pourraient être liés à la garde rapprochée du Président. Il décide alors de changer de camp, en prenant délibérément parti en faveur des laissés pour-compte du régime.

Né à Stockholm (Suède) en 1972, Tarik Saleh fonde la société de production Atmo avec Kristina Åberg. Son premier long Metropia, avec Vincent Gallo, Juliette Lewis et Stellan Skarsgård, est sélectionné à la Mostra de Venise en 2009. Il tourne plusieurs documentaires récompensés en festivals, dont Gitmo : The New Rules of War. En 2014, il signe le thriller Tommy avec dans les rôles principaux Moa Gammel, Ola Rapace et la compositrice et interprète suédoise Lykke Li dont il produit le clip vidéo I Follow Rivers aux 60 millions de vues sur YouTube (source : http://www.beaunefestivalpolicier.com).

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Filmographie

2001 SACRIFICIO (Who Betrayed Che Guevara) – TV, doc
2005 GITMO (The New Rules of War) – doc
2009 METROPIA
2014 TOMMY
2017 LE CAIRE CONFIDENTIEL (The Nile Hilton Incident)

Men & Chicken (Anders Thomas Jensen, DK, 2015)

À la mort de leur père, Elias et Gabriel découvrent qu’ils ont été adoptés et que leur père biologique, Evelio Thanatos, est un généticien qui travaille dans le plus grand secret sur une île mystérieuse. 
Malgré leur relation houleuse, ils décident de partir ensemble à sa rencontre. Arrivés sur cette île éloignée de la civilisation, ils vont découvrir une fratrie étrange et des origines inquiétantes.

Des sourires et des paumés

Le gars n’avait pas réalisé depuis 10 ans. Adam’s Apples, Grand Prix et Prix du public au BIFFF 2006, excusez du peu. Des oscars pour ses courts, les chouettes scénarios de Susanne Bier… bref, je ne va pas le présenter une énième fois sur ce blog.

Mads Mikkelsen l’aime et revient volontiers, malgré son statut de star international, pour jouer un rôle d’une ingratitude intersidérale. Il défend à ce point l’univers si particulier de l’artiste bec (eh, eh) et ongles que cette fidélité en devient davantage que respectable. Amicale.

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Jensen nous revient en grande forme avec une sorte de mélange – c’est danois – entre du Bergman et les Monthy Pyton – si, si – doté d’une ‘tite louche Lovecraftienne sur la fin. Le tout s’inscrit sans pousser dans la logique de la filmo du mec.

Fendard, émouvant, bien foutu, avec des vfx gonflés et un twist – le réal’ est balèze en chutes, remember à peu près tous ses métrages – qui vous refait penser à plein de scène et poiler encore plus. Un défaut, un seul, tout petit léger, vouloir parfois faire la nique à Klovn, le film, un truc too much qui a cartonné là-bas, et montrer aux vikings qu’il en a encore dans le pantalon. Il se sent vieillir. Du coup, il en fait parfois un poil trop dans la provoc’ et donne un coup de coude inutile aux mauvais côtés d’un Lars Von Trier et de ses Idiots.

Les Monthy Pyton ? Pour Le sens de la vie, Bergman pour son île de Faro à laquelle j’ai pensé, ainsi qu’au fantôme de Liv Ullmann, qui pour ma part a hanté le film, même si Jensen parle plus volontiers de L’île du Dr Moreau. Mais lui et Mikkelsen avaient à une époque tellement les excès du Dogme dans le collimateur – les délires familiaux de type Festen ou autre sont bien moqués ici – qu’ils en profite pour tacler en bande la secte familiale de Bergman… tout en poursuivant ses turpitudes quant à la religion et ses délires existentialistes. C’est que ça tue le père à tout va, là-bas !

Délivrance (Hans Petter Moland, DK, 2016)

Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé… L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?

Quand Nikolaj Lie casse du serial Killer

Il est triste de voir arriver ce troisième opus, le meilleur à ce jour, directement dans la case e-cinema, car sa place est dans les salles. Tout le monde s’en rendra compte en découvrant la (belle) bête sur sa tablette. Wild Side n’est pas à blâmer – merci déjà à eux de nous la présenter – ; simplement, le marché est actuellement d’une cruauté impitoyable. Intégré dans la narration sur au moins deux morceaux de bravoure, le Jutland danois nous est dévoilé de toute son étendue plate qui rappelle parfois, en plus lumineuse, notre grise Beauce vue par ailleurs récemment dans le très beau Les premiers, les derniers du Belge Bouli Lanners (c’est du bon).

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Carl Mørck, le flic hard boiled made in Copenhagen

La trame, issue du bouquin de Jussi Adler-Olsen, joue sur la corde usée de ces serial killers aussi géniaux que sadiques que de courageux policiers peinent à appréhender en plus d’y perdre une partie de leur âme. Au cinéma, Le 6ième sens (Michael Mann), Le silence des agneaux et autre Seven – cité le temps d’un très beau plan aérien à la fin – dominent le bal, mais il faut avouer que les séries ont depuis marqué le genre d’une empreinte notable, stockée avec soin dans un petit sac en plastique enregistré au registre des preuves. Ainsi, ajoutée aux métrages susnommés, Délivrance apparaît comme une très belle excroissance nordique à True Detective (USA) et Red Riding Trilogy (UK), que beaucoup s’accordent à définir comme des chefs d’œuvres télévisuels. Le film de Hans Petter Moland (Refroidis) trouve sa place entre les deux médias. De beaux moments de cinéma défilent, tandis qu’une impression « cut » TV se fait parfois sentir sur certains enchaînements de plans. Il n’empêche que l’équipe s’en sort avec les honneurs : le scénario tiré du livre garde l’essentiel en plus de se focaliser sur un point de vue, celui de Carl Mørck, le héros.

Flaskepost fra P

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Tu crois que le colza ?…

Encore une fois, un beau film danois illustre la Bible, plus spécifiquement le Livre de Job, après les nombreuses autoflagellations du dogme des LVT (Breaking the Waves, Dancer in the Dark), Thomas Vinterberg (Festen, La chasse), Susanne Bier (After the Weading) et même – surtout ? – Anders Thomas Jensen, dans son formidable Adam’s Apples. En passant : son dernier film, Des hommes et des poulets, arrive dans l’Hexagone en mai et bénéficie également de Nikolaj Lie Kaas (NLK) en tête de gondole. Parlons-en, de cet acteur de composition – et de compétition – car enfin on le laisse s’exprimer ! Il est souvent placé au second plan derrière Mads Mikkelsen, mais il est en train de gagner du terrain, de minimiser l’écart depuis son jeu tout en nuances, en subtilités. Sur des scènes déjà subies mille fois – le trauma du flic qui ne s’est jamais remis d’un échec, le vilain qui l’appelle sur son portable pour le provoquer – il nous propose un répertoire inédit et bouleversant qui émeut franchement jusqu’aux larmes. Il apporte une dimension humaine jamais vue à son personnage pourtant archétypal. Et lorsque sa foi revient après des mois d’immersion folle dans un athéisme exagéré, mal vécu et trop délétère, il ne plonge pas à 100% dans les supposées vertus de l’Église luthérienne ; il s’y lâche juste un peu, à la fois pour respirer et pour, enfin, respecter les croyances des autres – très bon équilibrage de Farès Farès – , sans toutefois se leurrer quant à une institution qui a fait naître, à la manière d’un Da Vinci Code – dans la suite duquel NLK a joué -, le mal. A NLK de nous faire ressentir tout ceci en seulement quelques secondes !

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Laissez venir à moi les petits enfants…

Incarné à la perfection par le norvégien Pål Sverre Hagen (Kon-Tiki), le diable du jour est l’un des plus vicieux jamais montrés. Un meurtre aux ciseaux est voué à rester dans les annales, tout comme l’était la torture à coup de ballon de basket dans le précédent Profanation. La perversion s’exprime très correctement dans cette saga. Le tueur domine une superbe poursuite démoniaque dans un hôpital, nous gratifie d’une scène de sexe foireuse, odieuse et inédite avec sa compagne de passage – sa logeuse – qui paiera cher ce concubinage, et l’affrontement final avec gamin interposé relève d’un gouffre de noirceur abyssal où tous menacent s’y noyer. Étrangement, malgré le nihilisme du propos, au film de se clôturer par quelques notes optimistes, dans l’air du temps. Elles font du bien… et elles font mal, car du haut de notre laïcité proclamée toute française, de notre prétendue ouverture d’esprit érigée en exemple mondiââl, de voir ce film danois proposer un ton juste, incarné par un arabe barbu profondément pacifique, afin que toutes les différences coexistent sans trop qu’on se mette sur la tronche, c’est ce qu’on appelle, là, montrer l’exemple. En descendant une marche, celle d’une tolérance souvent trop verticale pour être véritablement honnête. Le réalisateur égyptien Youssef Chahine conspuait ce mot, « tolérance », pour cette même raison.

Très bon film, que j’ai déjà envie de revoir. Vivement la suite. Notons un score paisible au piano assez plaisant de Nicklas Schmidt (Ronal le barbare).

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La religion et ses paradoxes.

Voir également mon itw avec l’interprète d’Assad, Farès Farès, et Mikkel Nørgaard, réalisateur des deux premiers films, Miséricorde et Profanation.

Délivrance dans moins d’un mois

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Wild Side libérera la troisième enquête du Département V dans l’Hexagone le 05 mai en e-cinema. Découvrons à cette occasion l’extrait ci-dessus où nos deux enquêteurs se heurtent à « l’hospitalité » d’un père suspicieux.

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Avec Des hommes et des poules qui lui sortira fin mai au ciné, ce sera décidément le mois Nikolaj Lie Kaas en France ! Marrant.

 

Men & Chicken le 25 mai dans nos cinés et fermes…

… qui acceptent le ciné mobile !

Ne pas rater la sortie sans doute minimale rayon com’ du dernier ATJ (Anders Thomas Jensen), Men & Chicken, que j’aurais aimée voir retitré à la french way « Des hommes et des poulets » – marqué ainsi dans la ba -, mais soit. Le 25 mai prochain en France. Ca va venir vite et passer vite, faudra pas l’rater !

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On a déjà bien présenté le bébé par là. Voici le teaser français, plutôt sympa et gonflé :

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