Hamilton 2012

Hamilton : dans l’intérêt de la nation. Envoyé en mission spéciale, l’agent Hamilton doit infiltrer la mafia russe afin de les démanteler de l’intérieur. Il rejoint donc une de leurs usines qui revend des armes suédoises à des terroristes. Mais leur bâtiment se fait attaquer par des inconnus armés jusqu’aux dents, et ces derniers dérobent ainsi toute la marchandise. Seul survivant de l’assaut, Hamilton décide de mener l’enquête à travers tout le globe pour retrouver ce mystérieux commando.

Hamilton : détention secrète . Alors que l’agent secret Hamilton et sa nouvelle amie profitent de l’instant présent, ce dernier est appelé à la rescousse pour une nouvelle affaire : la fille d’un de ses amis a été enlevée. En échange de sa vie, les ravisseurs demandent une forte rançon ainsi qu’un pouvoir déterminant sur la politique arabe. Déterminé à la sauver, Hamilton se lance alors dans une course-poursuite à en perdre haleine.

Négation de soi

Ce James Bond suédois créé par l’écrivain suédois Jan Guillou (Arn, chevalier du temple) fut plusieurs fois adapté à la télé et au ciné dans sa contrée. On connaît le nanar Hamilton avec Peter Stormare ; on découvre cette nouvelle  mouture. Soulignons d’abord que Mikael Persbrandt incarne à la perfection le personnage Carl Hamilton. Sang froid, patriotisme, crédibilité dans les scènes d’action : il assure le show de son charisme avéré, de son jeu éprouvé. Si les deux films ne dépassent pas le statut de DTV tout juste corrects à cause d’histoire banales, d’action peu imaginative, de personnages taillés en quelques mots à peine et de mise en scène TV (les réalisateurs Kathrine Windfeld et Tobias Falk viennent de là et ça se voit), on retiendra deux choses intéressantes. Premier point : tout comme le célèbre agent secret britannique, le bonhomme suit les modes en cours au ciné. Il ne cherche aucunement à les définir. Quand Skyfall surfe sur les remous des Batman de Nolan, Hamilton 1, lui, en est encore au stade Jason Bourne tandis que Hamilton 2 préfère se la jouer Taken 3. Donc, oui, il faut admettre que la production Besson Taken fut belle et bien une date dans la représentation de l’action et d’un héros au cinéma. Deuxième (très) bon point : sur le premier film, une scène, une seule, donne une sacré profondeur au personnage, au mythe. Par mauvais réflexe, il égorge sa compagne. Se révèlera-t-elle plus tard traîtresse afin d’atténuer les responsabilités du psychopathe assermenté ? Que nenni : elle est innocente. Accident collatéral, « dans l’intérêt de la nation », cette glorieuse Suède dont le drapeau s’incruste en toile de fond des deux films au point qu’un portable utilisé comme détonateur est joué par un Sony Ericsson. « Je n’oublierai jamais » dira Hamilton à propos de ce meurtre en fin de film, avant d’embrayer comme dans n’importe quel James Bond par un opus suivant qui fera fi de tout ce qui aura pu précéder. Le temps détruit tout. Cet assassinat, horrible, est affreusement bien mis en scène. Hamilton s’assoit dans son canapé, se coupe une pomme avec son petit couteau. Sur la défensive, il s’endort. Il cauchemarde, se remémore son combat contre un homme qu’il égorgea avec cette même arme quelques jours plus tôt. Quand sa compagne s’en vient le réveiller d’un doux baiser, ni une ni deux son bras se tend, ses réflexes sont parfaits, mortels. Elle meurt salement, égorgée nette. Pas banal pour le coup ! Hamilton 2, en mode Taken, rejoint lui le tout venant hormonal avec comme bon point un assaut final assez hargneux et un comparse qui, dans l’action, volerait presque la vedette à Persbrandt. Un troisième opus est sur les rails.

Hamilton : dans l’intérêt de la nation : 13/20

Hamilton 2 : détention secrète : 11/20