Sexy et furieuse ! Ou quand même la neige carbonique

J’aime assez ces titres qui annoncent la couleur. Et de la couleur, on en a ! Le rouge du sang bien flashy 70’s devant, le blanc de le neige immaculé par derrière (le fourbe !) et cette couleur chair, faible mais forte, plus criarde que pastel, passe-t-elle habillée ou non. Et non, c’est non !

« – Mais… mais enfin Monsieur, puisque je vous ai dit non, enfin ! »
« – Tu vas voir ce que tu vas prendre, toi, sale chienne ! »

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A l’animal de se cabrer, de sortir le sabre comme on montrerait les crocs à l’escroc adipeux. Peu s’en faut, le sang faux coule à flots. Sexe d’abord, furie ensuite, furent-ils avant qu’ils n’existèrent plus après.

Et après ?

La forme domine le fond comme on dit, parce que si l’on voit bien les formes de Reiko Ike et de la suédoise Christina Lindberg – prononcer « Kurisuchina Rindobaagu » –, en guise de fond qui nous élèverait l’esprit on trouve surtout du jambon qui tendrait à nous faire lever autre chose. Diantre ! Ce film n’est certes pas fait pour les végétariens ! Y’en a, de la viande, y’en a même un peu plus, je vous le mets quand même ?

« – Laissez-la reposer sur la neige madame, ça va la conserver. « 

Reposer, tu parles ! Voilà qu’elle s’agite toute seule sur la neige, la jolie côtelette ! Qu’elle se met à zigouiller à tour de lame pendant qu’un zouave, hors champs, pas fou, se met à nous jouer une zic à la Vladimir Cosma. Manque juste un Henri Guibet dans le décor pour compléter le tableau et… mais je le vois ! Il est là ! Déguisé en japonais, il joue le comique de service chez nos belles amies les pickpockettes. Les objets sont volés, les femmes violées, olé ! Le fétichiste se moque du fond, il ne vit que par les choses et pour la chose. En soi, c’est une ode au fétichisme que ce film, qui en l’absence de raison, de moteur, aligne les objets – cartes, femmes, jambes, seins, cuisses, meubles, revolver, sabre, tatouage… – comme on nouerait les maillons d’une chaîne. Afin de se concentrer, pour ne surtout pas voir ailleurs, enchaînons la consommation ultra court-termiste de fesse comme on ferait défiler les perles d’un collier bouddhiste. Aussi voit-on Christina Lindberg tour à tour révéler des talents de joueuse de poker, tuer des hommes, se faire violer, participer passivement à une scène saphique pour, ensuite, se mettre à fouetter violemment une japonaise – culte ! – et, enfin, mourir. Si elle ne tient pas le premier rôle ici, la Lindberg hante le métrage comme un cheveu dans une soupe aux ingrédients nombreux et pas toujours compatibles. Au poil ? A poil, déjà, ça aide.

Sex & Fury : 11/20

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