Nuits blanches

Jonas Engstrom, policier suédois en poste a Oslo, arrive dans une ville du nord de la Norvège pour enquêter sur le meurtre d’une jeune femme. Au cours d’une opération destinée a piéger le coupable, il tue accidentellement son collègue et ami Erik Vik, tandis que l’homme recherche parvient a s’enfuir.

Cognac, 1998. Mon premier festival ! J’y allais, impatient, pour voir surtout Full Alert et Perfect Blue, à savoir respectivement une date dans le polar made in Hong Kong et une autre dans l’animation japonaise. Confirmées. Un troisième film me marqua toutefois, vu par hasard : le norvégien Insomnia d’Erik Skoldbjaerg dans lequel je découvris l’immense acteur Stellan Skarsgård. J’étais fatigué ce jour-là, je n’en attendais pas grand-chose de ce film. Il faut bien l’avouer, ma prédisposition à l’attaque de l’objet n’était pas des meilleures. Pourtant, je m’en souviens de cette bête. Par bribes. L’ambiance craspec, ce décor de fin du monde tiré du grand nord norvégien, dans le comté de Nordland. Et ce thème, l’insomnie, dont le malaise fut parfaitement rendu, rendit l’expérience, à défaut d’être positive, pleinement partagée. Ce personnage qui n’arrivait pas à dormir et moi qui me battait avec mes paupières dans la salle pour rester éveiller, nous formions comme un binôme absurde étrangement complémentaire. Cette expérience un peu masochiste fut mémorable et la prestation de Skarsgård m’a fait depuis oublier tous les autres personnages du film, tueur compris.

C’est la grande différence d’avec le remake US signé Nolan, sur lequel mes souvenirs concernent uniquement le formidable travail de composition de Robin Williams. L’assassin, cette fois. Très efficace, cette version ne dilua par ce même malaise typique du mal-être scandinave, et ça n’est pas ce joli décor boisé de western d’Alaska qui vint changer la donne, trop bien mis en valeur par une jolie photo proprette. Loin, très loin du visuel glauque à souhaits de la version de 1997.

Insomnia 1997 : 16/20
Insomnia 2002 : 14/20