Déjà sorti en janvier dernier en Suède mais pas vraiment creusé par ici (même si évoqué lors d’un creusage sur le « vieil » Hamilton de 1998), la nouvelle adaptation des bouquins de Jan Guillou (Arn) consacrée au James Bond suédois dispose d’une bande-annonce sur la toile. C’est pêchu, et Mikael Persbrandt (In a Better World, monsieur Ours dans le futur The Hobbit) semble enfiler le costume – et les Hamilton girls – très correctement. Notons la présence amusante de Jason Flemyng, toujours là où on ne l’attend pas. Quoi qu’à force, on finit par l’attendre un peu partout…

De son côté, après un gentil conte pour enfant, The Wild Swans (« De vilde svaner »), le suédois Peter Flinth (Arn) revient aux affaires un peu plus musclées avec le thriller Nobels Testamente qui semble faire se croiser John Grisham et Nikita. Mise en bouche : la journaliste spécialisée en criminelle Annika Bengtzon est la témoin clef d’un double meurtre lors du banquet annuel du Nobel. La police lui demande expressément de ne rien divulguer pour des raisons de sécurité mais elle va malgré tout enquêter, jusqu’à se rapprocher dangereusement du comité Nobel lui-même…

La bande-annonce de ce film sorti en ce début de mois en Suède rappelle les grandes heures du journalisme héroïques des 70’s en même temps qu’une partie action semble valorisée. L’histoire provient d’un best-seller de l’écrivain Liza Marklund, elle-même journaliste, paru en 2006. Annika Bengtzon, héroïne récurrente de ses livres, est interprétée par la belle Malin Crépin qui rempilera pour cinq épisodes. Les réalisateurs Agneta Fagerström-Olsson (quelques Wallander) et Ulf Kvensler (la série Solsidan) signeront les opus suivants (Studio Sex, Prime Time, The Red Wolf et Lifetime), avec un Peter Flinth qui remettra la main à la pâte pour clôturer l’ensemble sur le dernier épisode, A Place In the Sun. Le procédé est très à la mode puisque le personnage de polar norvégien Varg Veum et le finlandais Jussi Vares, célèbres dans leurs contrées d’origine (et au delà) continuent de leur côté de se voir déclinés en films. Comme les autres, avec Hamilton et Annika la Suède hisse ses fiction comme on hisse le drapeau, toute fière de ses jolies couleurs…

Reykjavík noir ?

Gardons le plus excitant pour la fin. Avec son accroche à base de violence dans le milieu des dealers de l’underground islandais (y’a des morlocks sous le volcan ?), voici le premier long de l’islandais Óskar Thór Axelsson, Black’s Game, produit en partie par un Nicolas Winding Refn (Drive) qui a parait-il lui-même retravaillé un chouilla le scénario. C’est vendeur et sera, parions-le, exploité sur l’affiche dans le cas d’une exploitation internationale. Il faut dire que le film s’étiquette a priori comme un Pusher’s like et surfe sur les remous entretenus par une saga Snabba Cash très appréciée. Axelsson l’avoue lui-même sans détour :  » (…) je surfe définitivement sur cette nouvelle vague [de films policiers] que d’autres réalisateurs nordiques ont provoqué » (nordiskfilmogtvfond.com).

Sorti le 2 mars en Islande, ce polar tiré du livre Black Curse de Stefan Mani qui lui-même s’inspire d’évènements réels survenus en Islande dans les années 90 cartonne et s’impose directement à la première place. Enfin, il cartonne… Tout est relatif, nous parlons de l’Islande, donc en l’occurrence d’un peu plus de 8000 entrées sur un week-end. L’exploitation à l’international devrait singulièrement gonfler l’objet puisqu’en plus de la plus-value « Refn », Axelsson dispose du même agent que Kormákur, le réalisateur de Jar City, qui a débarqué en janvier aux USA avec son remake de Reykjavik-Rotterdam qui, fait amusant, fonctionne plutôt bien en Islande. Histoire de comparer, sans doute…