Annika, médecin confirmée, est mutée avec sa fille, dans un petit village plongé dans une nuit polaire glaciale. Intriguée par une série d’incidents sanglants et de disparitions mystérieuses au sein de l’hôpital, Annika va découvrir que des vampires ont infiltré le personnel et que leur chef, monstre hybride et sanguinaire, se prépare à ressusciter…

11/20 – Morse, the teckel

En Suède, avant Let The Right one In, dans la catégories « vampires » on pouvait trouver ce Frostbitten à la réputation tout juste correcte. Le film mit longtemps à se concrétiser et était paraît-il en pré-production à l’époque où Ben Templesmith dessinait ses 30 jours de nuit. Ils ont comme même (petit) point commun ces longues nuits d’hiver qui durent plusieurs mois dans le grand nord. Et, en effet, une fois intégré le concept on se demande pourquoi ils n’y avaient pas pensé plus tôt. Et les vampires, et les scénaristes. Mieux développé dans le comics ainsi que dans la bonne adaptation US de David Slade, cette idée n’est étonnamment évoquée qu’à la toute fin du métrage suédois. Qui, à côté et c’est très drôle, vous verrez, fait « pâle figure ». Je vous avais prévenu, elle est très bonne.

Il y fait certes nuit tout le temps dans notre film du jour – de nuit, devrais-je dire – mais aucun des personnages n’en parle jamais auparavant. Pourtant, Frostbitten s’est vu retiré « 30 dias de noche » en Espagne afin d’aguicher davantage le chaland. Et si dans la fameuse partie « trivia » d’IMDb on peut aussi voir qu’il conserve en 2011 le record du nombre de plans de VFX pour un film suédois, VFX par ailleurs créés par la même équipe russe que sur le Nightwatch de Bekmambetov, le passage d’effets numériques au maquillage n’est pas toujours heureux. On obtient la (malheureuse) démonstration que les effets spéciaux ne font pas un film. Et, surtout, ils n’empêchent pas le Z de parfois pointer le bout de son nez en latex ! La photo n’aide pas, pas plus qu’un rythme très bancal et un scénario en totale roue libre. Il n’y a aucun point de vue et l’amateurisme se fait flagrant dans la conception de la chose, ce qui se sent avant même de se faire analyser du haut de mon propre amateurisme. Le final, avec son massacre de masse complètement hors champs et des vampires devenus soudain zombiesques pour aider à la gestion du groupe – la température extérieure de –30°C n’aida sans doute pas le tournage – achèverait de rendre l’objet à la limite de l’anecdotique si ce n’étaient les bifurcations que cette péloche choisit de prendre, avec bonheur, vers le potache et l’humour salvateur.

Avec une tonalité comique bienvenue qui évoque parfois les classiques américains Vampire, vous avez dit vampire ? et autre Retour des morts-vivants, on obtient quelques échappées délirantes qui allègent un peu la bête. Les chiens peuvent parler aux vampires, un lapin se fait béqueter, le petit chien à sa mémère aussi, et cette scène pendant laquelle un jeune vampire tout neuf doit dîner chez des beaux parents très croyants reste, je crois, inédite dans le genre. De nombreuses croix ornent les murs et le pauvre vampire souffre atrocement le temps de la prière venue ! Dommage que ce personnage, Sébastien  (Jonas Karlström) se fasse éclipser par un docteur, très peu écrit et beaucoup moins bien présenté, qui nous indiffère totalement et pourtant passe au premier plan.

Notons que le réalisateur Anders Banke partit ensuite faire un remake du très bon polar hongkongais de Johnnie To, Breaking News, en Russie. Goryachie novosti que la curiosité s’appelle. Pas vue pas prise mais la bande « annonce » quelques plans largement copiés/collés à peine honnêtes.

Parce que Frostbitten se passe du côté de Kalix dans la province de Norrbotten (Botnie septentrionale) et qu’il me permet d’ajouter des vampires dans ce coin de ma carte toute fraîche, j’avoue avoir éprouvé un plaisir coupable à papoter de ce film. Plus que j’en eu à le voir ? Mmh, c’est à voir. A voir. A voir… C’est à voir qu’il nous faut ! Oh oh oh ooooh ! Comment ça qu’je noie le poisson ? Impossible, le lac est gelé.