Hiver 2006. Quatre jeunes viennent d’être sauvagement assassinés dans les montagnes norvégiennes de Jotunheimen. La seule femme ayant survécu au massacre est transférée dans un hôpital de la région. A son réveil, le lieu est plongé dans l’obscurité…

16/20 – Bonne pioche !

… et pourtant, j’y allais à reculons sur celui-là ! En son temps, le premier opus réalisé par Roar Uthaug ne me laissa pas suffisamment de goût de reviens-y dans ma caboche pour que je m’attèle à cette suite. Erreur : c’est du tout bon. On a là un slasher premier degré très bien réalisé, avec un scope franchement superbe, des images nocturnes à se damner, des personnages d’emblée bien présentés et une bonne mise en place de l’intrigue dans ce lieu, l’hôpital, par ailleurs très bien décrit. Les mises à mort sont aussi flippantes que ludiques, aucun des rebondissements – je dis bien aucun – ne nous prend pour des buses… « RAS » comme ont dit, « rien à signaler », c’est de l’excellent boulot. Souvent tentée mais rarement aboutie, avec son personnage Jannicke, la belle Ingrid Bolsø Berdal impose une nouvelle femme guerrière crédible. Et le scénario taille sa route avec une pioche cette fois plus active que dans un premier opus plus timide rayon gros rouge. Le spectacle vaut le clou du spectacle ! Avec en sus quelques légères touches d’humour parfaitement intégrées, ce qui, il faut le signaler, est là aussi plutôt rare dans un genre plus souvent malmené que soigné, le film peut s’enorgueillir de trôner sur le haut du panier. Et Jason sait que j’en ai vu, des slashers ! Pas de fausse note, le dosage est au poil et j’en reste encore tout gaga. Je ne m’y attendais pas, vraiment pas.

Mieux : l’œuvre supplante son modèle dont il est un quasi remake. Il est évident pour beaucoup, c’est Halloween 2, réalisé en 1981 conjointement par Rick Rosenthal et John Carpenter, magnifiquement cité ici. Le pitch est le même : on reprend là où le premier film (qui fonctionna au box office) s’arrêta, et, dans un hôpital où l’on compte se reposer, tout recommence. A l’époque, ce très bon deuxième épisode annonça avec trois ans d’avance le Terminator de James Cameron avec ses quelques scènes très « Sarah Connoresques » dans la forme. Mais le film commit une erreur que d’autres sagas recyclèrent d’ailleurs aussi en masse, il usa de cet artifice scénaristique souvent autodestructeur qu’est le twist familial. A utiliser avec parcimonie ! On connaissait le « je suis ton père » de L’empire qui contre-attaqua un an plus tôt, dans Halloween 2 on eut droit à un « je suis ton frère » tout comme dans Alien troisième du nom débarqua un : « gaffe, je suis ta mère ». Et ta sœur ? Dans Cold Prey 2, nul besoin d’entretenir une mythologie avec des révélations de ce type. Hôpital, tueur, suspens, victimes, point barre ? Non, une imagination fertile reste nécessaire pour illustrer joyeusement les évènements, les chorégraphies, les meurtres et l’humour. Cette hésitation du tueur qui se rend soudain compte qu’il a deux pioches à portée de main provoque un franc éclat de rire. Laquelle prendre pour embrocher la brune à portée de pioche ? Cruel dilemme !

Épure festive du genre, cette pioche-péloche n’est pas avare en violence et, surtout, j’insiste, cette histoire, aussi simple soit-elle, est formidablement bien racontée. Je vais le suivre de près, ce Mats Stenberg, il filme sacrément bien. D’aussi près que la jolie blonde Johanna Mørck, tiens, que j’avais déjà particulièrement apprécié dans Troll Hunter

Voir aussi : mon entretien avec le réalisateur Mats Stenberg.

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