11/20 – Girl Power

Le premier bouquin de Larsson, je l’ai lu, comme tout le monde. Et comme tout le monde, je l’ai aimé. Puis j’ai vu le film de Niels Arden Oplev, comme tout le monde. Et, encore une fois, je l’ai aimé. Comme beaucoup.  La suite ? Honnêtement, j’ai tenu une petite cinquantaine de pages de cette fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Il y avait en effet de quoi rêver à brûler la chose. Je n’y trouvai pas mon compte. Je fus même surpris : je ne reconnus pas le style de Larsson, n’y voyant là qu’œuvre de commande opportuniste ou, pire, œuvre d’un nègre mandaté pour donné au lecteur – ici lectrice, surtout – ce qu’il voulait lire : les aventures de Liesbeth, une théorie du complot improbable, des amourettes houleuses et des révélations familiales primaires. Après un ample « who done it » je me trouvai plongé dans un roman à l’eau de rose de type Harlequin option trashouille, opportuniste, racoleur et putassier, caressant la fibre féministe du sexe dit faible dans le sens d’un poil non encore rasé sur les jambettes. D’où ma non précipitation quant à la découverte des films.

Par contre, le concept de la série me plut assez. Dans ce cadre télévisuel, avec une version longue posée, ce type de récit feuilletonesque trouve sa place, sa raison d’être. Si le film d’Oplev y perd un peu à trop se diluer avec des trames annexes et les mœurs du journal Millenium, sur le petit écran c’est tout le contraire pour la reprise en main signée Daniel Alfredson. Aidé par un casting sans faute qu’il dirige parfaitement, il narre comme il faut le show, donne de la valeur ajoutée à ce script foncièrement débile – c’est mon point de vue – et, surtout, concocte quelques scènes violentes et sexuelles bienvenues. Quitte à sombrer dans le grotesque, il l’assume gaiement. Une scène de saphisme s’avère très excitante et les quelques élans sanglants ne sont pas en reste. L’affrontement entre Liesbeth et son père évoque ni plus ni moins que le final du Vorace d’Antonia Bird, et le tout dernier conflit, l’attendu, est tout nouveau tout beau dans le genre de la série B décomplexée : jubilatoire. Télévisuelle et suédoise cette série B, donc au budget plutôt étriqué mais toute l’équipe s’en sort avec les honneurs, avec comme arguments premiers une Noomi Rapace au charisme étonnamment proche de celui d’un Johnnie Depp, et pour un étranger l’opportunité d’une plaisante promenade à Stockholm ainsi qu’en campagne suédoise. Pour ces différentes raisons, ce fut assez amusant de jouer les prolongations. Même s’il est dommage que l’on paume quelques personnages intéressants en route (quid du jeune boxeur et de la kick-boxeuse ?) et que, j’insiste, cette histoire reste assez piteuse de bout en bout.

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