Sur l’île de Beurk, dans un village viking dont l’occupation principale des habitants, courageux et fiers, consiste à tuer les dragons qui s’en prennent régulièrement aux animaux et à la population, le jeune Harold, fils du chef, ne parvient pas à trouver sa place. L’adolescent, n’est pas taillé pour le combat, et, au désespoir de son père, possède davantage de vivacité d’esprit que de fibre guerrière. Un jour, pourtant, la chance lui sourit. Mais au lieu de tuer le jeune dragon pris dans ses filets, il l’apprivoise en secret et découvre l’étonnante vérité sur ces créatures, fléau des Vikings…

16/20 – Draguons Astrid ?

Je viens (seulement) de découvrir ce grand film d’Heroic Fantasy. Passé le choc, j’ai décidé d’en papoter un peu. Pourquoi ? C’est une bonne question. Après tout, voilà un gros budget Dreamworks qui vient des USA et n’a, a priori, rien à faire sur ce blog. A priori seulement, parce qu’en creusant un peu, on en trouve des raisons valables d’évoquer l’œuvre.

Première raison qui se suffit à elle-même : ça cause vikings. Chez les givrés, de temps à autres j’aimerais assez faire le tour de la question et, même, pourquoi pas, pondre un jour un p’tit dossier consacré à ces fiers guerriers nordiques, éternelle source de passionnants fantasmes. Mais comme cela a déjà (très) bien été explicité ailleurs, ne nous pressons pas. Ensuite et surtout parce que Dean Deblois a réalisé la bête. Si le monsieur a déjà construit, avec l’aide de son comparse Chris Sanders, le très réussi Lilo & Stitch pour les besoins de Disney, avec un Stitch possédant clairement un lien de parenté félin avec le dragon Crocmou qui m’intéresse aujourd’hui, cinq ans plus tard c’est en Islande qu’il s’en est allé suivre à la trace un groupe qu’il vénère – et il n’est pas le seul -, Sigur Rós. J’ai déjà brièvement évoqué – je suis également loin d’être le seul – ce beau documentaire au doux nom de Heima. Trois ans plus tard sortait ce Dragons, dont la chanson du générique fut signée du chanteur du groupe, Jónsi, à qui Deblois consacra un autre doc cette même année : Go Quiet. Nul doute qu’une partie de ce que l’on voit et ressent dans Heima fut invoqué à la création de Dragons. Le regard humain des villageois, la simplicité bon enfant de ses héros, les décors composés de roches volcaniques, d’une végétation, la mousse, à la verdure éclatante ; la texture changeante d’un ciel toujours magnifique… On respire à la fois le grand air et le grand nord en s’injectant cette péloche blindée d’une magie tellurique vivifiante. Voilà pour la justification, une qualité en soi. Ajoutons que le score de JohnBournePowell est au diapason, la rythmique de l’ensemble époustouflante, l’action trépidante, les personnages très bien construits ; sans oublier de souligner que les scène d’apprentissage de dragons et de vols n’ont rien à envier à celles de l’Avatar de James Cameron, et que le métrage, même s’il s’adresse en premier lieu aux enfants, n’en possède pas moins une dimension épique rare. Ai-je bien fait le tour ? Que non. Dragons est aussi une ode aux différences et à leurs complémentarités, avec un frêle Harold qui finit tant bien que mal par trouver sa place parmi les siens. Deblois, tout comme Jónsi, est homosexuel, et ce point là, en plus des nombreux autres, explique sans doute son implication, la part d’une âme qui, telle une aurore boréale, drape le paysage d’un composant vital : le cœur.