Free Jimmy ; Slipp Jimmy fri (Christopher Nielsen, Norvège/UK, 2006) : avis d’un Givré

14/20 – Quand un éléphant sniffe de la coke, peut-on dire qu’il barrit White ?

Roy Arnie, Odd, Gaz et Flea, ont été arrachés de leurs zones pour travailler avec Igor Stromowski dans un cirque itinérant russe en pleine déchéance. La coqueluche du cirque, Jimmy, est un éléphant que l’on shoote au quotidien pour qu’il reste « high » dans tous ses shows. Roy Arnie rêve qu’un jour il dirigera son propre cirque et il est convaincu que Jimmy est la clé de son succès. Le soir de la première, Jimmy s’échappe après avoir manqué sa dose. C’est le branle-bas de combat pour le retrouver avant qu’il ne soit sevré…

Un éléphant, ça… ? Allez, vous connaissez la suite ! Une éléphant, ça… ? Bah ça fume ! « Un éléphant, ça fume énormément. » Comme le chat. Rhooooo, c’était pourtant facile de ne pas se « tromper ». Facile aussi, la blague. Ca fume trop, d’ailleurs, un éléphant, beaucoup trop, à tel point qu’il en arrive à faire parfois n’importe quoi l’animal, comme par exemple se planquer quelques kilos de cocaïne dans la fesse droite avant de la recoudre pour, peinard, trimballer sa drogue ni vu ni connu et… Avouons-le, l’histoire n’est pas tout à fait celle-là. Mais on s’en rapproche beaucoup, si si…

La mafia lapone en action. On est poli en Laponie.

« Dumbo et Les Fabuleux Freak Brothers » qu’il aurait pu s’appeler cet anime tant on pense à la bédé US culte et soixante-huitarde de Shelton. Qui se moquait des Pieds Nickelés comme Free Jimmy défonce du Walt Disney. Une bande de dégénérés qui veulent sauver tous les animaux de la terre, quelques truands, ainsi que la mafia Lapone (il y a une mafia en Laponie ?) s’entrecroisent dans la joie et la bonne humeur sur un canevas très Guy Ritchie (Arnaques, crimes et botanique, Snatch…) pour récupérer ce qui se cache dans la pauvre fesse de ce pauvre éléphant. A part quelques baisses de rythme par-ci par-là, une musique symphonique ambitieuse en lieu et place d’une BO rock’n roll qui aurait peut-être été là plus pertinente et un scénario parfois un peu trop foutraque : ça passe.  C’est gonflé, ce qui est de l’ordre de la normalité pour un pachyderme, politiquement très incorrect, graveleux, avec plusieurs gags qui font mouche – autour du postérieur de l’éléphant tant qu’à faire – et un final aussi surprenant qu’émouvant qui achève non pas les chevaux mais bel et bien l’éléphant.. qui achève donc de faire de cet anime une réussite. Jimmy n’oublia d’ailleurs pas d’embarquer avec sa trompe en 2007 – hop ! – le Cristal du long métrage au Festival International du Film d’Animation d’Annecy. Amplement mérité.

On prend son élan et on court, Jimmy.

4 réflexions sur “Free Jimmy ; Slipp Jimmy fri (Christopher Nielsen, Norvège/UK, 2006) : avis d’un Givré

  1. Gryningen

    C’est un film méchant qui m’a plu. Autant la narration est peu agaçante avec son commentateur toujours là où il ne faut pas, autant le côté gore du film pas du tout pour les petits m’a fait sourire.

  2. JulesLebleu

    Ce cartoon , tout à fait dans la jouissive culture Shelton/Sheridan est un délicieux speedball rétro sur les belles années de la libre défonce . Suivre tous les clins d’ oeil nécessite une vraie culture toxico . L’ héro planquée dans la fesse d’ un éléphant attachant . Puis la gestion : speed / Héro de la bête par le dompteur … l’ ambiance est lourde pour ceux qui connaissent ce monde de sensations . J’ avoue que la souffrance du manque d’ héro , amplifiée par le speed , telle que le comportement de Jimmy la restitue sur l’ écran ,est un chef d’œuvre .( le visage de l’ éléphant en crise !! ) Et ce n’est nullement un jugement d’esthète !! : C’est le seul film sur ce sujet qui m’ ait réveillé mes vieilles douleurs de guerre . Sérieux ! C’est du grand art graphique , avec tout une palette de douloureuses vibrations en subliminal !
    Bravo l’artiste , Il sait de quoi il cause , et il cause bien !.

  3. J’y reviens !
    J’ai découvert ce film bien tard : il y a 8 jours (Jan 2014). Mais à le visionner presque tous les jours , je découvre un travail fantastique . Il est clair que ses créateurs n’ont pas travaillé en comptant leurs heures et en pensant au fric ! Tant de détails apparaissent , qu’on ne peut voir en première séance et qui révèlent une perfection jamais vue ailleurs ( pour moi )! Ex:. Les échanges de regards entre Jimmy et Flea ,lors de leur rencontre par exemple ! = un passage de 30″ fantastique .. Aussi :tout ce qu’indique le jeux d’ Arnie avec la dope de jimmy ( qui montre que Arnie n’est pas lui-même toxico , mais que – là dessus aussi – il tente d’ enfler ses amis…. etc ).En fait ,ce film contient bien plus de choses que ce qu’on peut percevoir en un visionnage . Et ce sont tous ces détails – comme dans la vie en vrais – et comme dans les vraies aventures sous défonce – qu’on découvre alors comme un second film inclus dans l’ autre et qui donnent à ce cartoon sa valeur très au dessus de tout ce qui a été fait avant sur ce sujet.

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