11/20 – Une extra-terrestre en primaire et… pour les primaires.

Les élèves d’une école d’une petite ville voient la venue d’une institutrice remplaçante qui souhaite entraîner sa classe dans un mystérieux concours à Paris. Mais quelque chose cloche avec l’enseignante ! Comment arrive-t-elle à lire dans leurs pensées ? Comment parvient-elle à manipuler si brillamment leurs parents en leurs faisant croire qu’elle est parfaite alors que toute la classe la compare plutôt à un véritable cauchemar ? Son secret ? Il semblerait qu’elle vienne d’une autre planète…

Tom Berenger, instituteur :  » Les enfants, pour des raisons d’indisponibilité je vais bientôt devoir être remplacé par… »

Les enfants : OUAAAIS ! !

Tom : … Merci. Par Paprika Steen. Ca n’est pas un remake de moi même, pas plus qu’une suite, c’est un, euh… c’est une suimake. Notez ce nouveau mot, « né-o-lo-gisme », dans vos cahier.

(scriscrouscratch dans les cahiers…)

Tom : Au revoir le violent coup de poing, bonjour aux méthodes extra-terrestres ! A vos regards étonnés, je vous sais sceptiques, mais n’ayez pas peur, chères petites têtes blondes, ces méthodes venues d’une autre planète ont déjà fait leurs preuves. Qu’on se souvienne de celles, efficaces, à l’œuvre dans The Faculty, par exemple, variante de la série des Bodysnatchers, dès lors vous conviendrez comme moi que le partage et la discipline y avaient leur place et, donc, du bien fondé de ce choix pertinent. Plus douce, plus légère, plus inoffensive aussi, avouons-le, Madame Steen, en tant qu’incarnation hypothétique d’un Mi-go, fungi de yuggoth, vient elle aussi apprendre quelques bricoles dans nos contrées danoises. La compassion et l’amour sont autant de sentiments qu’elle n’éprouve pas et…

Les enfants : Zzzzzz….

Le prof : OH ! VOUS M’ECOUTEZ OUI ? ! !

Les enfants : Euh… oui monsieur ! !

TB : … Dans ce rôle, s’entend. J’espère que vous aurez la patience requise pour, à votre tour, lui enseigner toutes ces choses… Je plaisante, bien sûr. Rémi, ferme les rideaux, Nicolas, appuie sur le bouton « on » du projecteur là-bas. On regarde le film, on se tait et on en reparle ensuite.

[Environ 1h30 plus tard]

Le prof se lève, montre les rideaux à Rémi, les élèves se frottent les yeux une fois les rayons du soleil parvenus à leurs iris.

The subsitute pas substitué : … Elève Arnø !

Arnø : Oui monsieur ?

TB : Alors, votre avis sur ce film ?

Nono : Euh… Eh bien… Elle fait peur Paprika Steen dedans. Vous croyez qu’elle la mange vraiment la poule ?… J’aime bien le papa. Moi j’ai eu un peu peur aussi avec la boule en métal et la scène avec les toilettes. Les couleurs sont jolies dans le film. Et j’ai adoré les effets spéciaux. Les bouches des enfants qui bougent dans le bus, c’était rigolo. Mais ça manque un peu d’action. C’est dommage parce qu’à la fin y’a un générique où tout le monde danse, là ça démarre enfin mais en fait ça s’arrête. C’est bizarre. Et à la fin tout va très vite, comme si on avait une bande-annonce de la fin collée juste après le milieu. Mais qu’on aurait pas vraiment eu la vrai fin. Il manque un gros quelque chose. Comme si le gars qui a fait le film, quelque part, il en avait rien à faire de son histoire. Et puis, et puis…

L’instit : Ca va, ça va… Mais finalement, au bout du compte, qu’est-ce que vous pensez de moi par rapport à elle ?

(tout le monde) : Oh par rapport à elle, vous êtes gentil, vous ! !

Bébère : Ce qu’il fallait démontrer. Allez, pour fêter ça : interro surprise !

The kids : OOOOooooooh…

Tommy : Je plaisante. Quelques précisions toutefois, et vous notez. L’acteur qui incarne le papa c’est Ulrich Thomsen, et il joue en effet très bien celui qui a perdu sa femme et peine à s’en remettre. On s’en rend bien compte lors de cette jolie scène où, sur son pc, il va sur des sites de rencontre tout en gardant une photo de sa femme en fond d’écran. Quant à Paprika Steen, elle se transforme joliment en monstre et joue à la perfection la garce de l’espace. Elle est très inquiétante debout derrière la vitre à ne rien faire, ou bien au loin, figée, comme un zombi ou l’une de ces créatures qu’affectionne particulièrement John Carpenter, en particulier son Mike Myers d’Halloween. Le monsieur qui fait peur dans les toilettes s’appelle Ulf Pilgaard, on l’avait déjà vu chez le réalisateur Bornedal dans le rôle d’un inquiétant policier dans son Nightwatch de 1994.  Notons également que les enfants sont crédibles, ils vous ressemblent un peu d’ailleurs… Les images sont jolies, oui, très, elles sont signées, encore et toujours, du directeur de la photographie Dan Laustsen, un proche collaborateur de Bornedal. Enfin, concernant la musique, qu’on peut trouver un peu ampoulée, elle est signée de Marco Beltrami, un américain qui monte, formé par le grand Jerry Goldsmith, et…

The kids : Zzzzzzzzzzzz…

Le prof : Ok ,ok…

The Substitute (Vikaren) sur IMDb


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