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Si l’on s’amuse à parler d’un film suédois récent photographié par le hollandais Hoyte Van Hoytema ayant pour héroïne une jeune fillette pâlotte errant dans la nature au début des années 80, l’œuvre qui vient tout de suite à l’esprit c’est Let The Right One In, à savoir le monstrueux (l’éléphantesque ?) Morse par chez nous. La preview du jour ne concerne pourtant pas le métrage de Tomas Alfredson mais Flickan (The Girl en anglais, facile, tout est dans le titre), le premier film remarqué d’un Fredrik Edfledt jusqu’ici réalisateur de pub chez ACNE Films, qui produit Flickan, et de quelques courts métrages, dont Vanya knows en 2006.

La petite Flickan s’est illustrée dans plusieurs festivals : celui de Berlin ou encore le plus récent de Karlovy Vary, République tchèque, en juillet dernier, où l’œuvre était projetée dans le cadre d’une sélection effectuée par le célèbre magazine ciné outre-atlantique Variety.

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Dans une maison isolée en pleine campagne, une petite fille de 10 ans s’apprête à faire ses premiers pas hors du monde de l’enfance. Elle doit passer ses vacances d’été avec sa tante bohémienne tandis que ses parents s’en vont en Afrique rejoindre une mission humanitaire. Mais rapidement, la tante, peu digne de confiance, s’en va avec un homme en laissant la fillette toute seule…

La bande-annonce laisse augurer un très beau film, à la fois simple et envoûtant. La mention « film de genre » frôle la chose mais ne s’y colle pas nécessairement, le film se rapprochant a priori davantage du conte initiatique enfantin que du trip à la Peter Weir (Pique-nique à Hanging Rock) ou même à la Peter Jackson, celui, sensible et « walshisé », de Créatures Célestes, et, certainement, du prochain Lovely Bones.

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Entretien avec Hoyte Van Hoytema

A Hoyte Van Hoytema, avec son Gulbagge Award de la meilleure photo pour Morse sous le bras, de se confier un peu à un givré d’la bobine quant à son expérience sur Flickan.

Arno Ching-wan – Quelles difficultés avez-vous rencontré sur ce film ?

Hoyte Van Hoytema – Je me souviens du tournage de Flickan comme d’un très bon moment : une équipe réduite et un seul endroit pour faire l’intégralité des prises ont aidé à ce que je me concentre sur l’essentiel. Le challenge technique était peut-être de rendre compte d’un été torride alors que nous avions un temps très mitigé, pas du tout celui que l’on voit désormais à l’écran. La plupart des scènes d’intérieur sont éclairées non pas par le soleil mais par des lumières artificielles.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration avec le réalisateur Fredrick Edfeldt ?

Fred est quelqu’un de très calme, et quelquefois même d’assez introverti. Mais une fois qu’on apprend à le connaître on découvre une personne très colorée, pleine d’humour, avec un goût distingué pour la mise en scène, les images… Un peu comme une bouteille d’un bon vin.

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Dans Flickan vous mettez en avant la jeune actrice Bianca Engström après avoir fait de même avec Lina Leandersson pour les besoins de Let The Right One In. Quelle différence feriez-vous entre vos deux travaux successifs ?

Elles étaient toutes deux très charismatiques et photogéniques. En d’autres mots, assez faciles à photographier. Mon travail est déjà fait à 50% avec un bon casting. Mais chaque film a requis une approche différente. Je pense que ces deux films sont très différents. Je les ai abordés différemment en tout cas.

Quel souvenir fort gardez-vous de Flickan ?

Sur Flickan j’ai fait l’un des plus beaux plans de ma carrière. Il n’a pas été retenu au montage…

Sortie ciné : 10/08/09 en Suède. Non définie en France.

Source photo Hoyte Van Hoytema : fujifilm.com