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Le froid mordant s’attaque aux passants inconscients,
Le vent, pire, souffle fort dans leurs cous sans écharpes.
L’enfant blond a des jeux qui le rendent insouciant,
Il n’entend pas celle-là qui est muette comme une carpe.
Lorsqu’il la voit plantée là, il ne s’en méfie pas,
Lui sourit gentiment, lui tend grand ses p’tits bras,
Devient pote pour la vie, à jamais un ami,
Sans savoir qu’avec elle il s’enfonce dans la nuit.

N’ai pas peur petit homme, je n’vais pas te manger,
Moi j’aime être avec toi, je suis là pour t’aider,
Te soutenir quelque peu quand les choses ne vont pas,
Affronter les soucis qui te gênent ici bas.

Etrange fée clochette dont les tintements résonnent,
Aux oreilles des victimes comme une sirène chantonne,
La chimère est en chasse, silencieuse, aux aguets,
Tombant tel un flocon à l’orée du balcon.
Elle quémande un asile à l’occupant charmé,
Qui s’en va lui ouvrir la fenêtre du salon.

Le flocon était blanc, le voilà qui est rouge,
La couleur se répand, sur la neige rien ne bouge.

Arno Ching-wan

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