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Here comes the nordic ninja ! The Ninjordic ! The Nordinjac !

The Ninja Mission : La CIA, le KGB et des ninjas sont pris dans une spirale de violence au cœur de la Russie.

Norwegian Ninja : Durant la Guerre Froide, la Norvège a trouvé un moyen imparable pour protéger sa neutralité: une troupe d’élite entraînée selon les principes millénaires des ninjas. Ces guerriers devront user de leurs plus extraordinaires pouvoirs pour vaincre un rival légèrement facho. Perdu quelque part entre Opération Dragon et La vie aquatique, voilà une comédie d’action totalement délirante, kitsch et loufoque à souhait.

Vous aimez l’action ? Vous aimez les films ? Vous aimez les films d’action ! Vous aimez les ninjas ? Vous aimez les missions ? Vous aimerez The Ninja Mission ! Dans les années 80, le suédois Matts Elge Olsson pondit avec entrain toute une série de films d’action ayant paraît-il la particularité de bien souvent relever du gros nanar. Celui-ci date de 1984 et, de l’avis de certains, voilà son chef d’œuvre. Tout est relatif dirons-nous, mais en effet le film surprend. Généreux, Ninja Mission balance des shurikens, tire dans tous les sens et ok, les potes dépotent du despote et pas seulement avec du desktop. Sabres, kicks, guns, tout y passe. Tout autour, par contre, c’est le néant. Scénario abscons comme la lune, acteurs assez légers et influence flagrante du Terminator de James Cameron autour. Le look Michael Biehné du héros et une scène de défouraillage au milieu d’une joyeuse fête ne laissent pas de doute à ce sujet. On frôle le nanar par endroits mais l’amateur de douilles fumantes et de ralentis sanglants – et gores – est servi chaud. De là à dire que l’objet est bon, il y a un pas furtif que je ne ferai pas. Les métrages US de la Cannon de l’époque, bien que pas toujours folichons, lui restent supérieurs, c’est dire le niveau. Cela étant, la tonalité qui diffère du tout venant, l’influence de l’Asie à peine évoquée au profit de techniques de commando militarisantes voulues les plus crédibles possibles, le premier degré appuyé, des scènes nocturnes réussies et le respect d’un genre aidés par une musique 80’s très sympa emportent l’adhésion. Ils font de cette péloche une séance action nanardesque mais qui tient le coup. Olsson en réalisa d’ailleurs une suite non officielle deux ans plus tard, elle porte le doux nom de Eagle Island.

Un an plus tôt, en 1985, en Norvège le diplomate Arne Treholt fut accusé de haute trahison et d’espionnage. Déjà présenté chez les Givrés et, la grosse comédie Norwegian Ninja (Kommandør Treholt & Ninjatroppen) use de l’uchronie pour raconter cette histoire délirante à prendre au moins au 3ème degré. « Et si… ». Partant de ce postulat, aux auteurs de se lâcher et de flinguer tous azimuts. Sur un mode potache, la fiction rejoint l’absurdité de la réalité et ce mensonge, qui avoue en être un, souligne que ce que nous croyons la réalité nous est communiqué par des informations et autres instituts de sondages qui en balancent de bien plus gros encore. Au réalisateur Thomas Cappelen Malling d’inventer une forme de joyeux négationnisme, non pas pour vanter telle ou telle politique mais plutôt pour prôner la paix, conseillant à tout un chacun de garder ses distances vis à vis de médias qui parfois créent, indirectement, du drame, du bellicisme, de la violence, sans jamais en assumer la moindre responsabilité. Le métrage fut tourné en 2010. En juillet 2011 survint le tristement célèbre massacre sur l’île d’Utoeya, en Norvège. Étonnement, au lieu de faire passer Norwegian Ninja pour un film indécent parce qu’il évoque, en amont du drame, un attentat à la bombe à Oslo, il renforce son propos, sa pertinence. Malaise il y a mais le message passe encore mieux, la comédie en devient davantage grinçante. Du moins, elle fonctionne très bien jusqu’aux trois-quarts du métrage où là, comme d’habitude dans ce type de projet, le dernier tiers se met à pédaler un peu dans la semoule. L’imagination se tarie ou, c’est aussi possible, une autocensure, un allègement du foutage de gueule et un (faux) retour à un patriotisme pourtant moqué tout du long fut plus ou moins imposé, conseillé. Car ne nous y trompons pas : Treholt est bien décrit dans ce film comme un enfoiré de première, le gourou d’une secte obscure qui n’hésite pas à sacrifier ses meilleurs éléments pour sauver sa peau. Au patriotisme de n’être alors qu’un énième fond de commerce avoué.

Le rythme évolue cahin-caha mais n’empêche pas les scènes cultes de s’enchaîner : la description du quotidien de nos ninjas dans leur camp hippie où l’on ne voit pas de femmes mais des chèvres, beaucoup de chèvres, vaut le coup d’œil. L’affrontement de deux ninjas au sommet d’une montagne est jubilatoire à suivre, et l’histoire hilarante des vikings s’en allant à la pêche aux moules m’a fait franchement pleurer de rire. Même si le film ne tient pas la distance – c’était prévisible – voilà une bonne poilade qui fait du bien en ces temps de trop plein de sérieux affiché un peu partout, crise économique et campagne électorale obligent plus ou moins. Je pensais vraiment que l’humour autre que les sempiternels mêmes sujets apolitiques qui ont actuellement le vent en poupe ne pouvait pas être vraiment appliqué dans ce contexte, qu’un Coluche, même lui, fatiguerait à force de répéter les mêmes vannes. Mais ici l’ironie est poussée dans ses derniers retranchements avec ce film en forme de blague qu’aurait pu se raconter des résistants au fond de leur trou pour entretenir leur idéalisme. Ca marche, c’est frais, ça soigne. Pas si potache que ça finalement, voire d’utilité publique. L’humour y est jaune mais efficace. Humour jaune ? Le ninja est d’origine japonaise, ne l’oublions pas !

Dans cette continuité asiatique, je ne saurais d’ailleurs trop vous conseiller le dossier pas loin d’être exhaustif (si, si) qu’on avait écrit à plusieurs mains expertes (évidemment !) sur Cinemasie.com.

The Ninja Mission : 08/20

Norwegian Ninja : 12/20

Merci à l’éditeur Elephant Films d’avoir eu l’amabilité d’envoyer le DVD Norwegian Ninja à la rédaction. 

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