14/20 – La croisière s’amuse ?

Poussé, à cause de sérieux problèmes financiers, à recommencer un trafic qui l’envoya en prison par le passé, Kristófer ne s’attend pourtant pas à ce qu’une avalanche de problèmes lui tombent à ce point dessus…

Après avoir vu la bande-annonce, je m’attendais à un bon petit polar hard boiled made in Islande. Ca n’est pas tout à fait le cas, c’est « juste » un bon thriller made in Labà, dans la veine du Pour elle de Cavayé et de quelques autres. Un scénario malin fait se jeter dans la mouise un couple qui va devoir subir moult épreuves avant d’arriver au mot « fin » plus ou moins en bon état. Malin parce que ce type de schéma, calculé, aguiche à la fois l’homme en quête de suspens et d’action – c’est à dire moi – et la femme qui va se projeter, elle, son couple et ses enfants, dans cette histoire. « Oh mon Dieu, j’espère qu’ils n’auront rien ! » criera t’elle les yeux écarquillés, la main devant la bouche. Si, ils auront. Il va en prendre plein la tronche, elle encaissera davantage.

A gauche : Kristofer (Kormakur) a les glandes en Hollande !

Óskar Jónasson (Remote Control) réalise très correctement la bête, quant à Ingvar Eggert Sigurðsson et Baltasar Kormákur, respectivement tête d’affiche et réalisateur de Jar City, ils jouent respectivement (que de respect !) un ex très jaloux très vilain (Steingrímur) et Kristófer, le compagnon d’Iris (la belle Lilja Nótt Þórarinsdóttir).

Kormákur possède un tel charisme que l’empathie est immédiate avec son personnage, et Sigurðsson donne une telle crédibilité à son salaud qu’il  donne une réelle ampleur à l’histoire. Les évènements s’enchaînent sans temps mort, en à peine 1h30 c’est plié. On vibre, on rit, on flippe : le contrat est parfaitement rempli. Haut la main ? Chipotons : quelques facilités tirent un peu le projet vers le bas (le téléphone portable révélateur, ça commence à bien faire) et la fusillade en milieu de métrage est un peu trop légère et vite expédiée à mon goût. Mais ça marche, les personnages existent vraiment, la partie que joue Kristófer à Rotterdam est réellement étouffante et son retour chez sa mère patrie encore plus bouleversante. Hante la femme. Beau dénouement, beau film, rythmé au son de la partition de Bardi Johannssoninterviewé  chez nous à l’occasion de son travail sur Häxan -, qui remporta pour Reykjavik-Rotterdam, c’est justifié, le prix de la Meilleure Musique de film aux Icelandic Edda Film awards.

Tu le vois bien mon flingue en 3D Haute-Def’ ??!!

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