15/20 – I’m a poor lonesome templar

Au XIIème siècle, Arn Magnusson participe aux croisades afin de protéger Jérusalem. Il y est forcé après avoir trahi les voeux de chasteté imposés par son ordre. Laissant derrière lui sa patrie et Cécilia, enceinte de leur enfant, il va cependant s’illustrer sur le champ de bataille, sauvant également la vie de Saladin…

Que dire sur l’exploitation internationale des 2 films (et pas téléfilms) suédois Arn – Tempelriddaren et Arn – Riket vid vägens slut ? C’est un sacré bazar. On s’est déjà fait un bon avant-goût de l’objet  . Depuis, un film – Arn, chevalier du temple – est passé sur Canal + et un DVD–BR a débarqué dans nos magasins.

Curieux, le givré que je suis a réclamé un DVD test à Metropolitan et l’a reçu – merci ! – mais… mais dans l’enveloppe il n’a trouvé qu’une seule galette contenant le 2nd opus. Pas d’autre galette avec le premier film dessus, et pourtant se trouvent en bonus sur notre DVD deux making-of. L’un, pas mal du tout, traite du premier métrage, celui dans lequel apparait Vincent Perez dans le rôle du frère Guilbert, et l’autre est consacré à devinez quoi. Nous avons réclamé le DVD manquant ou tout du moins des explications à Metropolitan : en vain.

 

Et ils y allèrent

Au bout du compte, qu’ai-je réellement vu ? Un film de 2 heures passé sur Canal + qui reprenait les deux films coupés-massacrés (4h divisées par 2 = 2h sucrées, soit 1h par film), puis, après réception de ma moitié de DVD test, c’est à dire j’imagine un bout de la version dite longue, j’ai donc vu en entier le second film suédois. En entier, vraiment ? Que non, car après vérification nous manquent là aussi 15 bonnes minutes. Comment, dès lors, parler correctement de ces gros film populaires qui, je le rappelle, ont cassé la baraque au pays des grandes blondes à fortes poitrines ?

 

Dis Arn, est-ce que je peux venir avec vous à la guerre ?

Cette saga consacrée à une page importante de l’histoire de Suède a manifestement été contée sur un rythme feuilletonesque, c’est-à-dire posé et linéaire, puis fut en aval accélérée au montage pour nous autres, légèrement plus occidentaux. C’en devient péjoratif. Le réalisateur danois Peter Flint ne tergiverse pas. Très premier degré, lui et son équipe plantent tranquillement et à l’ancienne les personnages, la trame, de superbes décors… un univers crédible auquel on croit aisément, et, surtout, une ambiance épique palpable, une réussite à laquelle la musique de Tuomas Kantelinen, qui recèle de belles envolées lyriques, participe amplement.

 

Pas de problème, viens jouer avec nous !

Malgré des scènes de combat de masse trop courtes et frustrantes – il faut dire qu’après Braveheart, Bang Rajan et autres Seigneurs des anneaux, on devient exigeants en la matière ! – on s’attache à ce guerrier au grand cœur, à sa belle princesse ainsi qu’à tous ces seconds couteaux joués par ces vétérans que sont Michael Nyqvist (Millenium), Bibi Anderson (une ex habituée d’Ingmar Bergman) et le plus connu à l’international : Stellan Skarsgård (Breaking the Waves, Pirates des caraïbes…). S’y greffe la nouvelle fournée, avec entre autres Jakob Cedergren (Terribly Happy), Sofia Helin et, donc, notre héros incarné par le Matt Damon du coin, j’ai nommé Joakim Nätterqvist.

 

Tu vas voir ta tronche, toi, si tu emmènes ma fille à la guerre !

Destiné en premier lieu aux adolescents adeptes d’aventures exotiques, Arn, même remonté  et en colère, remplit son contrat. Un fois la (les) péloche(s) vue(s), on garde en mémoire ces grandes forêts nordiques, le beau visage de Sofia Helin, le beau visage de Sofia Helin, sans oublier le beau visage de Sofia Helin (cf. photo ci-dessus). Même avec une cicatrice au dessus de la lèvre – ou grâce à ? – elle renverse tous les hommes sur son passage au moins autant que le fait la dernière charge de cavalerie à la fin du second film, celle que l’on peut aussi voir à la fin du montage passé sur Canal +, vous savez, celui qui… bref, on attendant la version longue de la version longue de la version courte (suivez), on fait avec les moyens du bord et on apprécie ce spectacle efficace, rare parce que nordique, oui, une œuvre certes qualitativement en deçà du Kingdom of Heaven de Ridley Scott, ne soyons pas de mauvaise foi en prétendant le contraire, mais complémentaire quant aux croisades et à tous ces phantasmes liés au grand chef musulman Saladin. A qui on laissera le mot de la fin :

 

This is the end les suedish, l’apocalypse ici et maintenant alors un conseil : retournez plutôt chez vous jouer à la marelle avec les danois et arrêtez de mes péter les couettes avec Jérusalem. Par avance merci.

 


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